23 novembre 2010

DECLARATION
DU CONSEIL SYNDICAL NATIONAL
DU SYNPTAC-CGT

 

La mobilisation sans précédent contre la réforme des retraites a montré la capacité de la CGT à réunir, informer et lutter contre une propagande libérale, créant un mouvement collectif pour un droit garanti collectivement.

Les syndicats ont gagné la bataille idéologique : la réforme annoncée au départ comme inéluctable et salutaire est maintenant perçue comme une loi injuste, de plus inefficace.

En s’attaquant au régime des retraites, le gouvernement et le MEDEF entament le processus annoncé de destruction de notre système de protection sociale. C’est pourquoi il faut redéployer nos forces pour réussir les mobilisations à venir : réforme de la sécurité sociale, renégociation de la convention d’assurance chômage, et à la suite de la réglementation spécifique de nos annexes.

Notre secteur d’activité n’échappe pas à la politique libérale du gouvernement : baisse de subventions, opérations de fusions d’établissements aboutissant à des destructions d’emplois et de structures… Sous couvert d’une remise à plat des labels, le Ministère déstabilise les missions de service public de nos entreprises, en détricotant les réseaux de création et de diffusion construits depuis la décentralisation théâtrale.

Enfin, les différents transferts de charge et de compétences aux collectivités – sans le transfert de moyens – ont déjà affaibli leur capacité d’intervention alors qu’elles représentent 70 % des financements publics du spectacle vivant.

Les regroupements programmés des conseils régionaux et généraux supprimeraient à moyen terme les financements croisés et les nivelleraient vers le bas.

Dans les entreprises culturelles, les répercussions se font sentir sur les salaires, les emplois, la capacité à financer la production et la programmation, affaiblissant ainsi notre activité, qu’elle soit artistique, technique ou administrative, que nous soyons salariés permanents ou intermittents.

Tout ceci est dans la droite ligne de la directive « services » imposée par Bruxelles, incluant le spectacle vivant. Elle fragilise nos réglementations et procédures spécifiques : licence d’entrepreneur de spectacle, attribution de subventions et présomption de salariat des artistes. La culture est attaquée frontalement dans tous les pays d’Europe. Cela dénote bien une posture idéologique et nauséabonde.

Notre bataille contre la régression des politiques publiques en matière culturelle n’a pas été vaine. Nous avons obtenu le maintien de la compétence des collectivités territoriales vis-à-vis de la culture, celui des financements croisés jusqu’en 2015, et évité la baisse du budget de l’Etat pour la culture.

C’est donc bien notre capacité à combattre et la force de résistance dont nous avons fait preuve depuis des années qui nous permettront de tenir tête encore à toutes ces velléités libérales de déconstruction de notre secteur.

Le SYNPTAC-CGT, réuni en conseil syndical national, propose à ses militants, et plus largement à l’ensemble des salariés du spectacle vivant de :

  • organiser des assemblées générales dans les entreprises contre la régression sociale, et pour nos salaires et nos conditions de travail
  • se rapprocher syndicalement d’autres structures et / ou d’équipes pour coordonner des mouvements groupés et des actions collectives
  • informer nos publics des questions et problèmes spécifiques à nos professions, qui mettent en péril leur accès à la culture
  • développer avec nos directions, les salariés du secteur culturel et les structures syndicales (Unions Locales, Unions Départementales) des plateformes communes de revendications, à remettre aux élus locaux et aux responsables des DRAC
  • renforcer la syndicalisation

POUR GAGNER LES COMBATS A VENIR : UNISSONS NOS FORCES