8 avril 2021

Communiqué des occupant·e·s/CGT spectacle du 8 avril :
Occupation de la délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle
 

Dans le cadre du mouvement d’occupations et pour le retrait de la réforme de l’assurance chômage sans lequel les intermittent·e·s du spectacle n’obtiendront que des miettes, la Délégation Générale à l'Emploi et à la Formation Professionnelle - DGEFP (ministère du Travail) est occupée. La manifestation des « oublié·e·s du Ségur » passera à proximité.
Les occupations continuent ! Pour rappel, les revendications de la Cgt Spectacle :

  • Abrogation de la réforme d’assurance chômage ;
  • Prolongation de l’« année blanche » et son élargissement à tous les travailleur·euse·s précaires ;
  • Baisse immédiate du seuil d’accès à l’indemnisation chômage pour les primo-entrant·e·s et intermittent·e·s en rupture de droits ;
  • Garantie de tous les droits sociaux notamment congés maternité et maladie pour les salarié·e·s à l’emploi discontinu et les artistes auteurs ;
  • Plan massif de soutien à l’emploi et de reprise de l’activité ;
  • Soutien aux caisses sociales spécifiques du spectacle dont l’existence est menacée par la baisse de cotisation ;
  • L’accès garanti au fonds de solidarité pour les artistes auteurs ;
  • Des mesures d’accompagnement adéquates pour les enseignants artistiques dans l’exercice de leur métier ;
  • Plan d’action d’urgence en faveur des étudiants pour faire face à la précarité.


Communiqué des occupant·e·s de la DGEFP le jeudi 8 avril 2021 :

« Depuis le 4 mars 2021, un mouvement d’occupation parcourt le pays. Il réunit des travailleur·euse·s intermittent·e·s du spectacle et des intermittent·e·s hors spectacle : des extras de l’hôtellerie et de la restauration, et des guides conférencier·e·s. Le point commun de nos professions c’est d’enchaîner les périodes d’emploi et de chômage.

Nous, travailleur·euse·s privé·e·s d’emploi et précaires, occupant·e·s de l’Odéon, ne sommes pas ici par hasard :

  • C’est la Délégation Générale à l'Emploi et à la Formation Professionnelle (DGEFP) est l’organe qui assure « l’accompagnement » des « Plans de Sauvegarde de l’Emploi » et coordonne la politique de la formation professionnelle. Autrement dit c’est avec son blanc-seing que des centaines de milliers d’emploi ont été détruits et que le service public de la formation professionnelle (AFPA) est détruit au bénéfice des instituts privés bidons !
  • C’est aussi la Direction Générale à l'Emploi et à la Formation Professionnelle (DGEFP) qui instruit les projets de conventions d’assurance-chômage en vue de l’agrément par le Ministère du Travail

Jusqu’en 2014, l’annexe 4 de la convention d’assurance-chômage couvrait les intérimaires et les intermittent·e·s hors spectacle.
C’est ici qu’en juin 2014, la nouvelle convention qui vidait cette annexe de son sens a été instruite. Les intermittent·e·s hors spectacle se sont retrouvé·e·s au régime général et ont perdu une grande partie de leurs droits.
C’est ici aussi que la suppression de cette annexe a été validée trois ans plus tard, passant, à leur tour, les intérimaires au régime général.
Mais ça ne s’arrête pas là, puisque c’est encore ici qu’a été instruite la nouvelle réforme d’assurance-chômage qui va entrer en vigueur le 1er juillet prochain et plonger des millions de personnes dans la pauvreté. C’est inacceptable, indigne, obscène.

Nous sommes ici pour exiger :

  • Le retrait, pur, simple et définitif de la réforme de l’assurance-chômage et dont l’abrogation des décrets du 31 mars 2021.
  • L’indemnisation au titre de l’Assurance-Chômage de tous les travailleur·euse·s privé·e·s d’emploi – y compris les primo-entrant·e·s – et précaires en emploi discontinu (extras de l’hôtellerie, de la restauration, de l’événementiel, guides conférencier·e·s, accompagnateur·rice·s du tourisme, saisonnier·re·s, intérimaires, artistes/auteur·rice·s,...)
  • La banalisation des droits pour tou·te·s les chômeur·se·s de la période de crise jusqu’à la reprise totale des activités. Pour les intermittent·e·s du spectacle, la prolongation d’un an des droits après cette période. Pour les travailleur·euse·s en emploi discontinu, le retour à une annexe spécifique, et, comme pour les chômeur·euse·s en fin de droit, la prolongation immédiate des droits et leur maintien au moins un an après la reprise totale et normale des activités.
  • En soutien de la mobilisation des travailleur·euse·s de la santé, nous revendiquons 200 000 embauches immédiates dans les EHPAD, 100 000 dans les hôpitaux publics et 100 000 dans l’action sociale. Au-delà, nous revendiquons la réduction du temps de travail hebdomadaire à 32H pour travailler tous et toutes !
  • Pour une véritable reprise du secteur culturel, un plan massif de soutien à l’emploi, impliquant les jeunes, établi en concertation avec les organisations représentatives des salarié·e·s, applicable dès maintenant et jusqu’au retour au volume d’activité antérieur à la crise.
  • Le refinancement des caisses sociales et la garantie du maintien de l’ensemble des droits sociaux, notamment formation, retraite, santé et prévoyance, médecine du travail.
  • Des mesures immédiates pour l’accès de tou·te·s aux congés maternité, paternité et maladie indemnisés au sein de la sécurité sociale. A l’issue de ces périodes, l’aménagement des règles d’indemnisation chômage, quels que soient les métiers.
  • Face à la précarité des jeunes et ses conséquences, des mesures spécifiques pour les jeunes de 18-25 ans.