22 avril 2021

Après la publication du rapport Gauron
Le gouvernement ne peut plus continuer à tergiverser



La Fédération Cgt du spectacle et les occupant·e·s de la centaine de lieux culturels, investis dans la foulée de l’Odéon le 4 mars dernier, portent des revendications très claires :

  • Un plan de reprise de l’activité pour soutenir la politique culturelle, l’emploi des artistes et des techniciens intermittents du spectacle, y compris les jeunes, et l’activité des autrices et auteurs, plan qui ne se limite pas à une réouverture de plus en plus éloignée et annoncée comme partielle jusqu’à l’automne au moins ;
  • La garantie de tous les droits sociaux, en commençant par l’accès au congé maternité et maladie, et en soutenant les institutions sociales du spectacle ;
  • La prolongation des droits à l’assurance chômage pour toutes et tous, y compris les entrants ;
  • Le retrait de la réforme de l’assurance chômage au régime général, scandaleuse pour les 1ers concernés et qui bloque toute avancée sérieuse pour les salariés intermittents du spectacle

Le rapport de la mission Gauron qui nous a été communiqué récemment (disponible sur le site du ministère la Culture) insiste à juste titre en préambule sur la nécessité d’un plan de reprise pour l’emploi, seule solution pour sortir de l’inactivité forcée les artistes et les techniciens intermittents du spectacle. Il écarte toute prolongation par profession ou secteur d’activité, en constatant que si certains secteurs sont plus touchés que d’autres par la crise, les professionnel·le·s subissent tous la crise.

Il préconise plusieurs options de prolongation des droits des salariés intermittents du spectacle :

  • Une option par décret qui apparaît insuffisante pour couvrir toutes les situations ;
  • Une option par voie législative, avec différents scénarios de prolongation soit d’un an jusqu’au 1er septembre 2022, soit de prolongation jusqu’au 31 décembre 2021 mais assortie de mesures (allocation de professionnalisation et de solidarité, clause de rattrapage sans ancienneté, etc.) permettant la prolongation de fait pour plusieurs mois supplémentaires.


Il propose également d’ouvrir des allocations pour 6 mois pour les jeunes entrants, celles et ceux qui ont été empêchés d’atteindre les 507h nécessaires, cependant sous des conditions trop restrictives (moins de 30 ans, ce qui écarterait des professionnels plus âgés ayant eu des « accidents de carrière », ou sans aucune ouverture de droits antérieure, ce qui écarterait beaucoup de jeunes).

Nous rappelons le besoin de n’oublier personne, qui passe par notre proposition : prolongation des droits un an après la fin de la période d’impossibilité de travailler, ouverture pour les entrants à 250h.

Le renouvellement de L’année blanche n’est donc toujours pas garanti ! Tout dépend du choix d’un gouvernement dont la priorité est de faire des économies sur le droit des chômeurs.

La mobilisation continue plus que jamais ! La Fédération Cgt du spectacle appelle le gouvernement à enfin entendre toutes les revendications : notamment un plan de reprise pour nous permettre de travailler, une prolongation qui n’écarte absolument personne de l’indemnisation et ne crée pas de nouvelles baisses de droit.

Après la journée interprofessionnelle du 23 avril, pour l’emploi, le retrait de la réforme de l’assurance chômage et contre la précarité, nous appelons à un rassemblement lors du Conseil national des professions du spectacle (CNPS) plénier du 29 avril à 11h, devant le ministère de la Culture pour l’Île-de-France et aux rendez-vous qui seront fixés en région*.

*rdvs bientôt disponibles sur le site www.fnsac-cgt.com, pour les rdvs en régions rapprochez-vous également des UD et des syndicats.

Dans tout le pays, le patronat dans le privé et le gouvernement dans les services publics profitent de la crise pour supprimer des emplois, augmenter les profits et réduire la réponse aux besoins de santé, d’éducation, de culture, de protection sociale...

Depuis le 4 mars, une centaine de lieux culturels sont occupés par les professionnel·le·s du spectacle et de métiers précaires qui revendiquent le droit de travailler, la garantie de tous les droits sociaux et donc le retrait de la réforme d’assurance chômage.
Elles et ils sont touché·e·s par la crise de l’emploi consécutive à la crise sanitaire et à la politique du gouvernement, notamment la réforme de l’assurance chômage que le gouvernement s’acharne à mettre en œuvre au 1er juillet.

Partout les aides de l’Etat doivent sauvegarder et améliorer l’emploi, être conditionnées à l’arrêt des licenciements, aux embauches, au non-versement de dividendes.

Elles doivent permettre l’insertion des jeunes notamment à la sortie des études, comme le revendiquent aussi bien les mouvements de jeunesse que les étudiant·e·s occupant plusieurs lieux culturels.

Tous les droits sociaux doivent être garantis, aussi bien l’accès aux congés maladie / maternité que la médecine du travail, la protection sociale complémentaire santé/ prévoyance, les congés spectacle.

L’accès à l’assurance chômage est un droit fondamental, dont la crise accentue la nécessité. Le gouvernement annonce la baisse ou la suppression des allocations chômage à 1,7 million de travailleuses et travailleurs indemnisé·e·s. C’est un scandale pour les saisonnier·ère·s, extra hôtelier·ère·s, guides conférencier·ère·s, intérimaires, travailleur·euse·s précaires du privé ou du public etc., déjà durement touché·e·s par la crise, en grande partie des jeunes et qui accroit la précarité sous toutes ses formes.

Le 23 avril, nous manifestons solidairement pour l’emploi, une sécurité sociale intégrale couvrant tous les travailleuses et travailleurs privé·e·s d’emploi en commençant par le retrait de la réforme de l’assurance chômage et le renforcement des services publics et de la Fonction publique.

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