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Rapport d'ouverture
38ème congrès des syndicats de la fédération CGT du Spectacle, de l'Audiovisuel
et de l'action Culturelle
2019
Centre Touristra - 17570 La Palmyre


 « A quoi sert un congrès ? Nous sommes bien évidemment tenus par des obligations statutaires, à juste titre :

Il nous faudra donc faire la part des choses. Comme vous l'avez constaté en lisant ou en lisant attentivement le document d'activité, il a été écrit et adopté par notre commission exécutive du 3 juin dernier. Il y a donc quelques actualisations à  faire à travers notamment le document d'orientation ou des motions d'actualité.

Nous avons ainsi eu une décision en demi-teinte du conseil d'état sur les retraites complémentaires des intermittent·e·s du spectacle, passés par les fonds d'État entre 2004 et 2011. Nous avons gagné sur le principe la condamnation de l'État pour faute, mais nous récupérons 5000 € symboliques, alors que nous réclamions 10 millions d'euros de précompte à rembourser à toutes les personnes concernées.

Nous reviendrons également sur le fait que des décisions ont été prises sur l'assurance chômage aussi bien au régime général que sur les annexes 8 et 10 avec un quasi-statu quo pour ces dernières, qui épargne à nos professions en quelque sorte la violente réforme appliquée au régime général, mais refuse de prendre en compte l'accord du 21 janvier 2019.

Mais au-delà du formalisme, cela nous permet de cerner les changements d'époque : il y a clairement eu un tournant dans la répression syndicale et militante sous Valls pendant les manifestations contre la loi Travail. Cette répression s'est encore durcie avec Macron pendant la lutte contre les ordonnances, et a été exacerbée lors des manifestations des gilets jaunes, des blocus lycéens, de façon particulèrement féroce contre des mineurs et encore lors du 1er mai dernier à Paris contre le cortège syndical, et contre la CGT en 1er lieu.

D'un côté il faut regarder pourquoi beaucoup de gens, militantes et militants y compris, ont peur de manifester, jusqu'à y renoncer. De l'autre interrogeons le pourquoi de la radicalisation de certain·e·s militant·e·s, dénonçons les doctrines de maintien de l'ordre qui provoquent le désordre (cf. l'agression caractérisée contre Geneniève Legay) et de considérables blessures. Certains policiers s'autorisent à foncer dans le tas à toute occasion (cf. mort de Steve lors de la fête de la musique).

Même dans notre champs, nous avons connu une répression inédite contre certain·e·s militant·e·s, un jeune en procès à Rodez en 2016, et surtout le procès de Loïc Canitrot finalement totalement innocenté, avec les 7 autres inculptés de l'action au Medef en juin 2016, innocenté mais après une longue procédure.

Cette violence accompagne le mouvement libéral de remise en cause des droits sociaux, des services publics. La pilule ne passe pas, alors il faut la faire avaler à coups de matraque.

Le ministère de la Cutlure, le réseau public du spectacle vivant ou de l'audiovisuel public, sont dans le colimateur, au même titre que tous les services publics visés par le plan "action publique 2022".

D'ailleurs, nous devons tous signer et faire signer la consultation pour obtenir un référendum contre la privatisation d'ADP.

En matière de droits sociaux, nous avons déjà subi la remise en cause du code du travail à travers les ordonnances, dont nous commençons à mesurer les effets, par exemple avec l'amoindrissement des CHSCT, ou la diminution des moyens des élu·e·s.

Nous avons également vécu de plein fouet la réforme de la formation professionnelle, même si nos batailles ont permis de sauver l'Afdas, mais dans un périmètre élargi. L'accès à la formation continue, et notamment au CPF de transition n'est toutefois par garanti comme il était pour un certain nombre de salarié·e·s, à commencer par les intermittent·e·s du spectacle. L'action de l'Afdas et de ses présidentes a permis encore très récemment d'adapter les seuils du CPF de transition, pour les ramener à ceux des anciens CIF, mais ce sont toujours les CPIR qui gèrent ce dispositif, au risque de ne pouvoir avoir accès aux transitions professionnelles autres que des reconversions pures en dehors de nos métiers.

Vous avez suivi également le dossier de l'assurance chômage, avec un décret du 26 juillet qui réduit considérablement les droits de 1,3 millions de chômeur·euse·s indemnisé·e·s, lequel·le·s représentent déjà et seulement une toute petite moitié des inscrit·e·s à Pôle Emploi. Alors certes nous avons réussi à faire échapper les artistes et technicien·ne·s intermittent·e·s du spectacle à ce violent coup de rabot. Au passage tout comme les assistantes maternelles qui se sont battues sous le nom de "gilets roses".

Mais nous avons toutes les raisons de ne pas nous réjouir trop vite, pas seulement par solidarité avec d'autres personnes confrontées au chômage, y compris dans nos champs où il n'y a pas que les intermittent·e·s du spectacle à devoir s'inscrire à Pôle Emploi. Car nous avons toutes les raisons de croire qu'en 2022 nous soyons la denrière réserve d'indien·ne·s, encerclée de toute part.

Bien évidemment nous allons prendre notre part à la bataille conre la réforme des retraites envisagée par le gouvernement, quand nous avons les grandes lignes mais seulement les grandes lignes à travers le rapport Delevoye. Nous savons qu'elle peut être néfaste à tou·te·s les salarié·e·s, mais également aux auteurs/autrices, et nous savons que les régimes spéciaux sont dans le collimateur, donc aussi celui de l'Opéra de Paris et celui de la Comédie Française, sans oublier les grosses inconnues sur les périodes de chômage, qui concernent éminemment les intermittent·e·s du spectacle. La retraite à points prépare un système par répartition amoindri, et poussera ceux/celles qui peuvent se le permettre à se tourner pour partie vers la capitalisation. Les marchands d'assurance se frottent déjà les mains. Toutefois le gouvernement sait qu'il n'y a pas de bataille gagnée d'avance face à une opinion majoritairement opposée à ces mensonges.

Nous n'oublierons pas de nous intéresser à la réforme de la santé au travail.

Un camarade de France 3 Vanves a été opéré hier, après que la visite à la médecine du travail a repéré in extremis un infarctus. J'ai échangé avec lui juste avant son opération : il m'a clairement dit que si la visite médicale, déjà passée d'une fréquence annuelle à une fréquence de 2 ans, était passée comme l'envisage le gouvernement à 4 ans, il était mort.

De même que l'assurance chômage, les fusions à marche forcée des conventions collectives sont révélatrices d'une volonté de mainmise du gouvernement Macron sur des prérogatives qui devraient être les nôtres. Même les champs des conventions collectives sont imposés d'en haut. Nous attendons, sans nous bercer d'illusion, le résultat de la transmission de la question prioritaire de constitutionnalité du conseil d'État vers le conseil constitutionnel, suite à notre recours contre la disparition du champ de la conventon collective pour les artistes interprètes engagés dans des programmes de télévision. La question posée est ni plus ni moins que la liberté de définir le champ d'un convention collective. Et la question sous-jacente et la nouvelle Doxa de certains libéraux, qui s'oppose à l'extension des conventions collectives, sous prétexte de ne pas faire d'entorse au développement d'une concurrence, évidemment au détriment de nos rémunérations.

Dans cette salle nous sommes toutes et tous des militantes et militants : nous sommes venu·e·s au syndicalisme pour dérendre en commun des intérêts qui individuellement n'auraient aucune chance de l'être.

Quand on est par exemple un·e salarié·e intermittent·e, confronté·e à des rudes périodes de chômage, sans projet à venir ou qui s'annulent, ou se font sans vous, on se met en cause soi-même, comme étant rejeté·e par sa profession.

J'ai retrouvé dans un restaurant en poste comme serveur un camarade du SFA que j'ai connu dans les luttes, déterminé  à ne plus subir la précarité, donc à s'appuyer sur cet emploi un peu plus "stable" et à se former pour pouvoir évoluer professionnellement, visant l'enseignement de son métier.

Nos professionns ne sont pas épargnées pa la violence d'une "management pathogène", comme le montrent les batailels à la comédie de Béthune, à la MC2 de Grenoble, bien sûr au centre dramatique national d'Aubervilliers...mais aussi Canal+, iTélé devenu Cnews. La pression de plus en plus grande.

Mais de même que nous avons des propositions pour nous battre autrement qu'en défense, les salarié·e·s sont capables de réagir : dans les structures que j'ai citées, les grèves ont été dures, très dures, elles ont toutes en commun, de ne pas avoir des revendications essentiellement pécuniaires. La lutte pour l'augmentation des salaires est bien sûr légitime, mais dans les cas que j'ai cités, il s'agissait de revendications pour le respect des personnes, le respect du travail correctement effectué, bref pour la dignité de celles et ceux qui exercent leur métier.

Alors oui se battre collectivement permet de sortir de cet isolement dans le chômage ou dans le travail fragmenté, où l'on peut être seul·e légalement, si le collectif et le sens du travail ont été perdus.

Pour autant si l'interprofessionnel est compliqué, et notre champ et son ministère de la Culture colonisés par les sbires de Bercy, regardons lucidement ce qui nous concerne et comment nous aonvs agi, ce que nous avons obtenu ou pas dans ces 3 années.

Il y a un vaste champ que nous avons investi par différentes entrées celui de l'égalité femmes/hommes. Nous avons obtenu des résultats en matière d'accès au congé maternité, dont nous voyons les effets suite à l'accord de 2016 qui a neutralisé la baisse d'indemnisation au retour de congés. Nous avons obtenu un abaissement des seuils, certes cela date de 2015 mais il a fallu du temps pour mettre ensuite en oeuvre dans le fond de professionnalisation un accès aux quelques personnes qui n'atteignent pas le seuil d'ouverture de droit à la sécurité sociale lors d'un congé maternité.

Depuis l'an dernier l'AGEDATI commence à monter en puissance : il s'agit d'une aide à la garde d'enfants pour permettre aux jeunes parents artistes et technicien·ne·s intermittente·s du spectacle de ne pas refuser du travail. Nous avons reçu vendredi dernier une analyse de l'AGEDATI, gérée par le fonds social d'Audiens, qui nous donne raison postérieurement.

Bien évidemment, nous n'avons pas la même satisfaction sur toues les aides du Fonpeps. Nous y reviendrons.

Et bien évidemmeent aussi les questions femmes/hommes, passent par l'égalité salariale, l'égalité dans les progressions de carrière, dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, il y a urgence à faire reculer, avec des moyens concrets, preuve que des choix politiques sont possibles face à ce qui n'est pas une fatalité.

Dans nos métiers comme ailleurs, une revendication majeure porte sur l'emploi. Avec ce gouvernement, le Fonpeps a failli sauter, et après de multiples aternoiements, un coup oui un coup non, un coup d'accord avec les mesures de la CGT, un coup non ... il a été pérennisé, mais dans des formes plus qu'imparfaites.

De même que la CGT propose un projet de sécurité sociale professionnelle, de développement des services publics, d'investissement pour l'emploi, nous avons construit de multiples propositions pour répondre à ses questions dans nos champs.

La bataille contre le libéralisme ne nous fait pas oublier que l'extrême droite est en embuscade un peu partout, et particulièrement en France à chaque élection. Nous avons un adversaire, le libéralisme incarné par Macron, est un ennemi absolu le rassemblement national. Nous avons à apporter notre pierre pour sortir de ce duel entre Macron et Le Pen.

Nous pouvons montrer qu'il existe une autre voie, ou plusieurs autres voies.

Nous vous inviterons à signer une pétition en ligne de soutien à la grève avecla CGT des travailleur·euse·s sans-papiers, une tribune que nous avons écrite, et pour laquelle nous recueillons "les têtes d'affiche" qui figureront comme premiers signataires.

Nous pensons que le syndicalisme, et la CGT en particulier, doit s'adresser à toutes et tous, à commencer par les plus précaires, salarié·e·s sans papier y compris dans nos professions, travailleur·euse·s soi-disant indépendant·e·s, et comme on dit "Ubérisé·e·s", autrices et auteurs, cadres, femmes et hommes....

Nous devons améliorer encore notre représentativité, proposer plus souvent l'adhésion aux plus jeunes, et écouter leur parole. Ce sera notamment l'enjeu des élections dans les très petites entreprises qui se dérouleront à la fin de l'année 2020, mais dont la campagne débute dès maintenant.

Alors c'est à cela que doit servir ce congrès : débattre des fondamentaux et des questions nouvelles, plus exactement nouvelles à traiter vraiment pour nous. Je pense en particulier au handidap au travail et à la diversité d'accès à nos professions.

Nous aurons 3 débats pour mettre l'accent sur 3 thèmes majeurs et qui concernent toutes nos professions :

La commission exécutive sortante a eu la volonté trasverse de chercher des solutions concrètes dans tous les cas. Sur ces 3 thèmes comme sur l'ensemble des orientations dont nous aurons à débattre, et pour lesquelles les amendements des syndicats seront examinés.

Nous aurons également à poursuivre le débat sur la structuration syndicale, sachant qu'il commence par la recherche du nombre suffisant et du/de la militant·e, suffisament représentativ·ve de nos professions pour que nous soyons en mesure de peser et faire valoir nos revendications. Sans ce développement syndical, le débat sur la struturation est peu vain.

Il faut surtout travailler en commun, c'est le sens du fédéralisme, le sens de notre adhésion à la CGT...

 

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